10.04.2012
dolmetsch orig

Conseils pratiques pour les missions d’interprétation

Voici quelques conseils pratiques pour une bonne collaboration avec les interprètes :

1.  Établissez et convenez des règles de base avec l’interprète. Par exemple, vous pouvez l’informer du déroulement de la réunion et du nombre de phrases à traduire d’une traite, confirmer jargons ou idiomes avant la mission, lui indiquer à quel moment les pauses auront lieu et le renseigner sur des détails, même mineurs, tels que la disposition des sièges.

2.  Essayez d’informer l’interprète avant toute réunion en face-à-face. Familiarisez-le avec les tenants et les aboutissants de la mission. Si une terminologie spécifique doit être utilisée, demandez-lui si elle lui est familière. Si vous prévoyez des questions délicates ou des sujets tendus, informez-le.

3.  Si vous avez l’intention de tenir un discours ou de lire à partir d’un script, donnez-en une copie à l’interprète. La qualité de son travail est proportionnelle à son degré de connaissance du sujet.

4.  Lorsque vous communiquez à l’aide d’un interprète, adressez-vous toujours directement à votre homologue. Même si vous ne comprenez pas ce qu’il dit, montrez-vous intéressé, gardez le contact visuel et restez concentré. Si vous vous adressez directement à l’interprète, vous ne parviendrez pas à instaurer une relation basée sur la confiance ou la loyauté.

5.  Evitez l’humour. Les interprètes s’accordent pour dire que les blagues sont difficilement traduisibles. Si vous envisagez d’ouvrir votre discours par une blague, nous vous recommandons de consulter au préalable l’interprète afin de vérifier si l’effet sera le même dans la langue cible.

6.  Planifiez votre temps avec soin. Passer par un interprète double la durée de vos conversations. Par exemple, si vous faites une présentation, n’oubliez pas que tout ce que vous direz sera traduit, et qu’une présentation d’une heure en prendra, selon toute probabilité, deux. Vous pouvez par conséquent compenser en découpant votre présentation en plusieurs parties ou en faisant des phrases plus courtes.

7.   Ne « bousculez » pas l’interprète. L’ interprétation est une tâche exigeante et mentalement épuisante. Afin de réduire la pression au maximum, parlez lentement et clairement. Ne « bousculez » pas l’interprète : vous risqueriez de générer une pression susceptible d’entraîner une baisse de la qualité.

8.  La communication interpersonnelle implique, par nature, des émotions. Un interprète ne doit jamais traduire les émotions. Si l’orateur est irrité, son état d’esprit se manifestera par son langage corporel et son ton. N’impliquez jamais l’interprète à un niveau personnel dans une discussion ; si vous remarquez qu’un interprète traduit vos émotions, demandez-lui de cesser de le faire. Le rôle de l’interprète se limite à traduire purement et simplement ce qui est dit.

9.  Assurez-vous qu’il est clair pour l’interprète qu’il n’a, en aucun cas, à répondre aux questions à votre place. Même si la réponse est simple, l’interprète doit malgré tout vous la traduire. Si un interprète parle à votre place, les conséquences négatives peuvent être multiples : votre autorité peut, par exemple, en pâtir.

10.  Demandez aux interprètes de ne pas changer ou altérer ce que vous dites, même s’ils jugent que le contenu de votre discours peut être offensant. Si vous envisagez de parler d’un sujet controversé, informez l’interprète. Avant d’en débattre avec le public, annoncez que ce qui va être dit est votre opinion propre, non celle de l’interprète. Ainsi, l’interprète ne sera pas placé dans une situation embarrassante et sera moins nerveux.