15.04.2014

Mot du jour : Kiwi

Kiwi – stratégie de marque et économie

Le terme « kiwi » est lié à la Nouvelle-Zélande : il désigne un oiseau, un fruit ou un habitant du pays. Le fruit est au menu du jour. Ce que nous appelons aujourd’hui « kiwi » provient du Yichang, au nord de la Chine. Des voyageurs anglophones qui s’étaient rendus en Chine ont décrit ce fruit pour la première fois au XIXe siècle avant de le rapporter en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Dès 1887, l’Anglais Augustine Henry décrivait un « arbuste grimpant portant des fruits comestibles de la taille d’une prune ». Aux États-Unis, G.D. Brills est souvent présenté comme l’homme qui a introduit le kiwi aux États-Unis vers 1900. Mais c’est Mary Fraser, directrice d’une école pour filles en Nouvelle-Zélande, qui a fait du kiwi une icône néo-zélandaise. Cette missionnaire s’était rendue dans une école missionnaire du Yichang, en Chine, où travaillait sa sœur. Elle y a découvert le fruit, l’a rapporté chez elle et l’a fait planter dans le jardin de l’école. Au début, le fruit était désigné par son nom chinois : « yang tao ». Mais dès que les Néo-Zélandais ont commencé à apprécier ce fruit, ils l’ont appelé « groseille chinoise » (« Chinese gooseberry » en anglais). Cependant, il fallut attendre la Seconde Guerre mondiale pour que les kiwis de Nouvelle-Zélande remportent un succès à l’exportation. Les soldats américains stationnés dans le Pacifique découvrirent ce fruit et le popularisèrent. Peu après la guerre, des négociations commencèrent en vue d’exporter le fruit aux États-Unis. Mais dans les années 1950, 1960 et 1970, les relations entre les États-Unis et la Chine étaient tendues (il n’y a eu aucun ambassadeur américain en Chine jusqu’en 1979).

De plus, tous les produits contenant le mot « berry » étaient soumis à de forts droits de douanes aux États-Unis. Il était temps de changer de nom. De dire au revoir à la groseille chinoise. Tous les produits dont le nom faisait écho à la Chine n’avaient aucune chance. Tous les produits dont le nom contenait le mot « berry » étaient très chers. Le fruit a donc été commercialisé comme un produit néo-zélandais. Du fait de sa ressemblance avec l’oiseau appelé kiwi, le symbole de la Nouvelle-Zélande, ce petit fruit velu et marron a été commercialisé comme le produit néo-zélandais par excellence, le kiwi, le fruit emblématique du pays. Et en l’absence de véritable concurrence, le kiwi néo-zélandais s’imposa sur le marché mondial. La consommation augmenta. Aujourd’hui, les quelques 3 000 cultivateurs de kiwis néo-zélandais se classent au troisième rang de la production mondiale de kiwis. À la fin des années 1980, l’Italie est devenue le nouveau leader du marché des exportations de kiwis en utilisant sa technologie et ses infrastructures existantes destinées à la culture de la vigne pour cultiver le kiwi. Grâce à la proximité de l’Italie avec le marché européen, les faibles coûts de transport et les subventions de l’Union européenne, les cultivateurs de kiwis italiens ont pu proposer des prix plus bas et remplacer la Nouvelle-Zélande à la tête des pays producteurs de kiwis. Cependant, depuis quelques années, le pays d’où est originaire le kiwi, la Chine, a fortement subventionné sa propre industrie du kiwi et a amélioré ses infrastructures et ses conditions de culture. De ce fait, la Chine est de nouveau le plus grand producteur de groseilles de Chine au monde !