11.02.2016
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Soupe – Mot du jour

L’excitation des fêtes de fin d’année est retombée et nous voilà, peut-être un peu fatigués et dépassés par nos bonnes résolutions ou en proie à un méchant virus, mais quelle que soit la situation, nous vivons au ralenti et le blues hivernal s’abat sur nous.

La plupart d’entre nous ont certainement observé certains symptômes du trouble affectif saisonnier, également connu sous l’abréviation anglaise (ironique ?) SAD. Cette forme de dépression associée au changement de saison se caractérise généralement par des sautes d’humeur et un manque de motivation et bat souvent son plein pendant les mois d’hiver.

Certains tentent donc naturellement de lutter contre ce blues hivernal en optant par exemple pour la pratique d’un sport. Le fait d’aller dans une salle de sport ou de marcher redonne de l’énergie et permet de se sentir mieux. Il existe un autre remède infaillible pour retrouver instantanément le bonheur : manger ! Voyez-vous, les soupes et autres plats mijotés sont sûrement la meilleure chose de tout le concept hivernal !

Le mot soup est entré dans la langue anglaise au XVIIe siècle, après avoir été emprunté, sans grande surprise, au français soupe. À cette époque, les Britanniques ont tout à coup cessé de préparer le même vieux « bouillon » (broth) ou « potage » (pottage) pour concocter des « soupes » délicieuses.

Cependant, l’étymologie du mot nous ramène à la famille des langues germaniques, dans lesquelles sop signifiait « manger quelque chose de liquide ». Aux environs du XIIIe siècle, nous le retrouvons en latin dans le sens d’un morceau de pain trempé dans un bouillon. Après tout, comment s’empêcher de tremper des morceaux de pain frais dans un mélange bouillant aux bonnes odeurs de viande (facultative), de légumes et d’épices ?

Le mot soup est apparu pour la première fois par écrit dans la traduction anglaise du premier des cinq livres de François Rabelais sur la vie de Gargantua et de Pantagruel en 1653. La traduction fut réalisée par Thomas Urquhart, qui traduisit en anglais les trois premiers livres.

Quant à l’expression soupe primitive ou primordiale (« primordial soup » en anglais), qui désignerait le milieu bouillant parfait dans laquelle la vie serait apparue, elle fut inventée en 1924 par le biologiste soviétique Alexander Oparine. Cinq ans plus tard, le scientifique anglo-indien John Burdon Sanderson Haldane expliqua le concept à un public britannique dans Rationalist Annual : « lorsque des rayons ultraviolets sont mis en présence d’un mélange composé d’eau, de dioxyde de carbone et d’ammoniac, cela crée une grande variété de substances organiques… Ces substances ont dû s’accumuler, avant que la vie n’apparaisse, jusqu’à ce que les océans primitifs aient la consistance d’une soupe chaude diluée. »