12.11.2015
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Spectre – Mot du jour

Cette année, l’euphorie d’Halloween s’accompagne d’un autre phénomène : la sortie en avant-première du 24e volet de la saga James Bond, Spectre. Connaissant la signification du mot spectre, le choix de cette date de sortie ne doit rien au hasard. Ce nouvel épisode était attendu avec impatience. En effet, les cinéphiles et amateurs d’aventure du monde entier vouent un véritable culte à la série James Bond.

Le mot français spectre s’est retrouvé sous cette forme dans la langue anglaise vers la fin du XVIe siècle. Notons au passage que les Américains l’écrivent specter. Quoi qu’il en soit, le mot est dérivé du latin spectrum (vision, apparition), lui-même issu de la racine specere (voir, regarder).

Le mot est le plus souvent utilisé pour désigner une apparition terrifiante, un fantôme, un revenant. Il a été utilisé pour la première fois en anglais en 1605 dans la traduction par Zacharie Jones de l’un des premiers livres modernes essayant d’expliquer le surnaturel et la possibilité de l’existence des vrais fantômes (ouvrage de Pierre le Loyer écrit en français).

Au sens figuré, le mot spectre peut désigner un objet de pensée irréel, un phantasme de l’esprit, comme l’écrivait en 1708 le philosophe et écrivain Anthony Ashley Cooper, 3e comte de Shaftesbury, dans son essai Letter concerning Enthusiasm : « When the Mind is taken up in Vision, and fixes its view either on any real Object, or mere Spectre of Divinity » (« Lorsque l’esprit est en proie à une vision et se fixe sur un objet réel ou un simple spectre de divinité »).

Un spectre peut également désigner une source de terreur, imaginée sous la forme d’une apparition : « la mort est un spectre qui nous effraie à distance », affirmait Oliver Goldsmith dans A History of the Earth And Animated Nature publié en 1774.

Les anglophones utilisent également ce mot pour désigner l’ombre discrète ou l’imitation de quelque chose, à l’image de Charlotte Brontë dans Shirley (1849) : « With the strangest spectre of a laugh ».

Concernant James Bond, le mot spectre a été utilisé par Ian Fleming en 1959 dans le roman Thunderball (Opération Tonnerre) pour désigner une organisation criminelle qui menaçait le gouvernement. Cette organisation était-elle un phantasme issu du cerveau du romancier ? Bond se bat-il contre des fantômes ? Au-delà des questions, SPECTRE est l’acronyme de Service pour l’espionnage, le contre-espionnage, le terrorisme, la rétorsion et l’extorsion (Special Executive for Counter-intelligence, Terrorism, Revenge and Extortion).